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La Grande Quête d'hiver 2018

Actualité publiée le 26/03/2019

Imperium Bellus - La Grande Quête d'hiver 2018

La Grande Quête d’hiver : 1989-2018, trente années que cette mythique épreuve existe !



Je prends le parti de vous faire goûter l’ambiance toute particulière de ces concours rares et exigeants ; Et pour fois sans parler de chiens, ou presque…



Flashback : la Grande Quête d’hiver a été créée en 1989 par M. Hubert Santoire. Son idée originale fut de valoriser les meilleurs chiens de Grande Quête pour la sélection de géniteurs de la race grâce à une épreuve difficile. « L’hiver qui rend biotope et perdrix compliqués révèle le sujet chasseur et au gros mental. » Avec la complicité de deux amis Alain Perrier le Pointerman et Henri Desmont le Setterman il trouve des terrains adaptés et encore giboyeux dans la région de Bourges. La première édition s’y déroula les 16 et 17 décembre 1989 avec 20 concurrents dont 17 Pointers. Le premier CACT de l’histoire de la Grande Quête d’hiver fut décerné le 17 décembre à Agathe Des Bois de l’Aubat, Pointer Anglais femelle présentée par Bernard Laborde, qui la fit Championne de GQ ce jour-là !

Plongeant dans ses souvenirs Hubert se remémore un barrage particulier entre Akim de l’Issa à René Baterosse et Eloi du bois des perches à Catherine Beaudet deux amateurs à ce niveau, c’était exceptionnel. D’autres noms de chiens surgissent, Texas Des Tucs Landais à René Guidoni grand champion reproducteur de nos lignées (7 CACT et 5 CACIT en GQ d’hiver) et son fils Nabb Ayrton à Fernand Lajo (et père de mon Imbo Des Roches du Ciron) conduit par Nicolas Bonneterre. Il le fit champion de GQ en 3 jours d’hiver avec un IT le matin pour le CACT de la veille, un IT le soir pour le CACT du jour et une Réserve d’IT le  lendemain, à trente mois…



Pour l’édition 2018 du 1er au 7 décembre, je n’ai pu assister qu’aux concours de Champagne et de l’Aube du 2 au 6. Arrivant du Lauragais avec ses coteaux et ses vaux le choc est d’abord visuel ! Les gens d’ici peuvent reprendre en cœur les paroles de Jacques Brel, « le plat pays qui est le mien ». A perte de vue, sans montée ni descente, les champs se succèdent comme un patchwork cousu de simples chemins à fleur de sol. Imaginez un horizon sans bosse sur 360°. L’immensité offerte aux chiens, on se met déjà à rêver à de grands, de très grands parcours. En y regardant à deux fois vous verrez parfois quelques haies, très denses et pas très hautes et puis des taillis faisant grappes par-ci par-là, tous reliés par une bande d’herbes folles. Quel désordre pertinent pour les perdrix dans ce Mondrian agricole !

Les cultures ne sont pas bien hautes mais couchées par le vent, on le devine fort et le thermomètre de la voiture nous dit qu’il est froid. Je me gare à l’abri d’une montagne de betteraves attendant d’être chargée, le seul relief du coin dirait-on, éphémère. A peine sorti de la voiture il pleut, pas dru non mais suffisamment pour vite se mouiller. Voilà le décor planté, bienvenu à la Grande Quête d’hiver !!!

Exigeants ces concours ? On commence à deviner pourquoi. Oui c’est l’hiver au Nord de la Loire et quand on est du Sud, on préfère l’Andalous. Le biotope pelé ou presque et les perdrix en alerte (et en compagnie), l’épreuve sera exigeante aussi avec les chiens.

Le lendemain matin première journée de concours et le temps est au beau fixe, grand soleil, haute température ! Le temps du cœur, celui de la passion, celui qui compte plus que le climat, non ? Contrairement à beaucoup d’autres concours, au rendez-vous il n’y a pas d’entre soi. Il n’y a que des passionnés néophytes ou initiés. Je ne sais pas si c’est le froid dehors qui réchauffe les âmes ou si c’est ce sentiment de vivre quelque chose d’exceptionnel, un concours à part. Toujours est-il que tout le monde est abordable, le grand dresseur, le grand juge, l’amateur averti.  Vous ne vivrez pas cela au printemps. La proximité et le partage lors des casse-croutes sur les bords des terrains, la solidarité dans la caravane lorsqu’un quidam s’enlise. A la Grande Quête d’hiver on brave les éléments tous ensemble, on suit les parcours ensemble, on mange tous ensemble le midi aux terrains et le soir au restaurant. Vous en faites partie, là vous vivez le Field Trial de l’intérieur.

Cerise sur mon gâteau, chaque jour j’ai demandé aux juges si je pouvais les accompagner, tous ont accepté, tous ont partagé leurs impressions sur les parcours. Générosité et simplicité les deux mamelles qui nourrissent la Grande Quête d’hiver j’ai l’impression !

Les parcours…comment dire ? Si vous êtes amoureux des races britanniques ici est leur genèse. Pour gagner ici le chien doit quêter loin, rares sont les oiseaux placés au milieu des cultures ; des lacets de plus de 500m de chaque côté ne sont pas inutiles. Il doit chasser aussi car s’il se contente de réciter un beau parcours propret il risque de passer à côté des contrôles des petits taillis, de la haie ou du talus là-bas au loin, souvent les oiseaux y sont à l’abri. Il lui faut un beau mental donc mais aussi de l’intelligence pour ne pas se perdre et garder le contact. Il lui faudra aussi être un compétiteur, ouvrir pour être devant l’autre, le premier sur les oiseaux au risque de les laisser parfois. Enfin un nez bien réglé lui permettra de bloquer sans mettre à l’envol. Quand tout est réuni, que le ballet avec le conducteur et l’autre concurrent s’installe, on a le privilège de vivre un truc de spécial, un grand spectacle. Dans le froid et la brume du petit matin, un arrêt violent concluant un parcours grand sur les côtés, à la juste profondeur, on touche là un moment de grâce. Rare forcément. J’en ai vécu un comme cela, un parcours à la grande, équilibré, un arrêt brutal, un point travaillé, une compagnie d’une dizaine de perdrix verrouillées qui éclate au terme de la longue course du conducteur. Même la lumière était de la fête. Ce jour-là pour une poignée de secondes il se conclura à la faute sur une autre compagnie mais le duo Blanchard / Israël de la Mazzora remportera le trophée Alain Perrier du meilleur amateur de cette belle édition de la Grande Quête d’hiver 2018.

Rare ces concours ? Oui de par leur nombre limité mais surtout par l’ambiance très spéciale qui y règne et la compétition très sélective pour grands chiens. La parenthèse enchantée des Field trials.



Je ne peux conclure sans féliciter Laurick Maudet qui a survolé cette édition 2018 et remercier tous les acteurs et artisans de ces concours.



Et si vous venez un jour, mon pari aura été gagné… Hubert lui n’a manqué aucune édition en 30 ans, juge puis concurrent puis observateur, chapeau l’artiste et merci !

 

                                                                               
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